« Après
avoir transité dans trois troupes théâtrales amateurs de La Louvière
(la Compagnie wallonne du Centre - de 1986 à 1990, le Théâtre de
l'Atome - de 1990 à 1993 - et la Compagnie de la Clepsydre - de 1995 à
1997) en tant que comédien, Jean Louvet m'invite à le rejoindre au sein
du Studio-Théâtre en septembre 1997. J'y découvre le théâtre-action et
mon intérêt pour ce type d'approche s'accroît rapidement.
Parallèlement,
je travaille comme animateur de quartier pour la Ville de La Louvière
depuis 1995, où j'ai l'occasion d'observer les désastres sociaux d'un
système qui oublie ses plus fragilisés et qui n'empêche pas la
réapparition de l'extrême droite dans notre Conseil communal. Mon
engagement politique devient imminent. Au début, il se matérialise par
mon action syndicale en tant que délégué de la Centrale générale des
Services publics. Ensuite, l'atelier d'écriture du Studio-Théâtre
m'ouvre ses portes.
C'est avec beaucoup de
réserve que je me risque à l'exercice. Les idées sont là, l'envie
aussi, mais la crainte de ne pas être à la hauteur fourmille dans ma
charpente osseuse. Jean Louvet et les autres auteurs me rassurent, en
me témoignant leur confiance. Un premier texte émerge en 1999 : «
Espèce d'idylle ». Inutile de vous préciser que cette première
expérience a été, pour moi, une énorme satisfaction. Avoir la chance de
voir évoluer sur la scène, des personnages et une fiction tout droit
sortis de votre imagination, c'est un moment fort dans votre vie.
À
la suite de cette première tentative, plus qu'enrichissante,
le plaisir d'écrire, la responsabilité de pointer les
dysfonctionnements de la société, l'éducation permanente et le devoir
de mettre en exergue les odieuses inégalités provoquées par la
mondialisation ultra libérale, m'envahit. Deux autres textes suivront
en 2001 et 2003 : « L'Intrusion » et « Les Cartables
lacérés ».
Mon militantisme se précise
aussi, en corrélation et interdépendance avec l'écriture théâtrale. En
effet, j'ai eu l'occasion de vivre en compagnie
d'une dizaine de personnes motivées de la région du Centre, la
naissance d'un mouvement pluraliste de gauche « Lucha y
Fiesta » (Lutte et Fête), ayant comme but de conscientiser la
jeunesse à l'importance de l'engagement politique pour défendre les
acquis sociaux et combattre la xénophobie.
À
cette heure, une quatrième pièce est en chantier, car malheureusement,
les sujets à dénoncer sont légion et mon combat pour un système plus
juste, plus équitable et plus humain s'alimente de manière constante.
Je
voudrais terminer cette introduction, premièrement, en continuant à
croire que notre action, qu'elle soit politique ou théâtrale, est de
plus en plus nécessaire afin de mettre en lumière les malheurs causés
par l'hégémonie capitaliste. Deuxièmement, en soulignant l'importance
de pérenniser un théâtre d'opinion, qui résiste face à la médiocrité
télévisuelle ambiante et objectivement contre-productive. »
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Source :
Extrait
de l'introduction du livret édité aux éditions du Cerisier, « Les
Cartables lacérés » suivi de « L'intrusion », Stéphane
Mansy, ISBN
2-87267-083-1.