« Ecrire pour dire « tu », pour dire « viens » aux autres, « on réfléchira ensemble sur les problèmes de notre société », quoi de plus enrichissant !

Chacun peut y trouver peut-être des embryons de réponse mais surtout une part de chaleur humaine. Les grèves de soixante terminées, nous étions là, un petit groupe un peu désemparé, un peu perdu dans le vide de l'action passée. Alors autour d'un militant, d'un jeune auteur qui parlait de nous, de nos luttes, l'idée d'un théâtre est venue. Avec Jean Louvet pour guide, nous avons fondé le « Théâtre Prolétarien » né dans la salle d'un café si minuscule qu'un acteur dressé sur une table pouvait toucher le plafond. De transhumance en transhumance, nous avons peuplé bien des lieux de nos discussions, de nos rires, de nos trouvailles, de nos fêtes.

La troupe a vécu son existence, les acteurs se sont succédé, venus de toutes les couches sociales. Après les spectacles souvent suivis d'un débat, que d'échanges, que de rencontres dans tant de lieux divers ! Puis, aujourdhui nous sommes là, encore, et cette fois une création qui parfois fut collective, a débouché sur un atelier d'écriture où chacun peut fourbir ses armes au contact des autres, sans pour autant renier celui qui depuis le début porte l'esprit de notre troupe par ses conseils et ses oeuvres. C'est ainsi que dans la foulée, j'ai écrit quelques textes dont les deux derniers sont présentés ici. »


Préface à l'édition de Le Camping du Chat perdu suivi de Terminus Caviar, 2003.