La
Cité des mal lotis
de
Janine Laruelle-Louvet
En
Wallonie, un terril, c'est beaucoup plus que tout ce qu'on peut dire,
surtout quand on doit le défendre et qu'on l'aime. On veut le
détruire
à des fins d'exploitation. Que se passe-t-il dans les
consciences, dans
les maisons autour du terril ? C'est ce que raconte le spectacle
à
travers le combat d'une petite communauté de « mal
lotis » à cause des
problèmes qui les assaillent.
Il faudra attendre le 24 septembre
2008 pour entendre le ministre wallon de l'Environnement,
Benoît Lutgen, déclarer que "devenus des poumons verts, les terrils wallons
constituent un
potentiel de développement touristique et environnemental" (
lire l'article).
Extrait
Scène 10. Une salle de
réunion. Une table :
Théophile consulte un dossier. Robert
réfléchit, les mains appuyées sur
le dossier d'une chaise. Alfred entre en claudiquant, Fernand le suit.
THÉOPHILE. - J'ai
beaucoup
pensé à notre affaire. Si on songe au passé,
les terrils ont grandi en
même temps que la force des ouvriers. Ils sont
témoins de nos luttes,
de nos espoirs. Mais si je dis cela, le conseiller financier
américain
en costume de banquier ouvrira une grande bouche pour bien rire et
balayera mon histoire d'un revers de la main. Grâce aux
terrils, on
doit importer moins de charbon pour faire marcher des centrales
électriques, on fabrique des litières pour chats, des
remblais, on peut
commercialiser tout. Les terrils sont une source de richesses, de gros
revenus pour leur société avec, peut-être,
des retombées économiques
pour la région ou la commune. Mais nous, les riverains, on
aura les
miettes du gâteau et toutes les nuisances.
ROBERT. - II
n'y aura pas d'emplois nouveaux, ils l'ont dit. Ils ont simplement
promis quelques commandes aux artisans et aux commerçants
locaux.
ALFRED. - Tant
que le terril ne sera pas rasé, cela fera de l'emploi pour
leurs trois
cents travailleurs, puis ils en attaqueront un autre c'est leur
logique. Ils se foutent du reste.
MADELEINE. - Pour
les gens de la région, les poussières, le bruit, les
risques
d'accidents, pas question de bien-être !
ALFRED. - Aucun
réinvestissement d'un capital quelconque.
FERNAND. - Ils
prennent tout et ils s'en vont, comme pour le charbon des mines. La
classe ouvrière, tu t'en sers et une fois l'argent
gagné, tu jettes. La
crise. Les patrons reviennent, ils exploitent les terrils, toujours
pour l'avenir de la Wallonie ! Un peu de bonne volonté de
notre part !
Dans le terril qu'ils ont laissé, il reste du charbon, un tas
de
matières rentables. À chacun ses poubelles !
ALFRED. - Moi,
j'ai acheté ma maison parce qu'elle était devant tous
les arbres du
terril, dans la verdure.
THÉOPHILE. - Je
n'ai plus
de fameuses bronches, et la poussière... Après la
fermeture du
charbonnage, on nous a laissés près du terril, des
hommes au souffle
court devant un tas gris, triste, nos petites maisons de mineurs
serrées autour.
ALFRED. - Mon
père est mort à
cette époque-là. On a repeint les maisons. Un peu
à la fois la nature a
refait le paysage. Devant un terril vert plein de chants d'oiseaux, on
ouvre volontiers ses fenêtres. On a cultivé nos
jardins.
FERNAND. - Poumon
vert pour poumons noirs !
THÉOPHILE,
très décidé. - Nous
devons continuer la lutte pour le garder.
Personnages
Caroline De
Grelle
Françoise Dubois
Éric
Firmani
Janine Laruelle
Jean Leroy
Franck
Livin
Emmanuel Loretelli
Robert
Stoupy
...............
...............
...............
...............
...............
...............
...............
...............
Mélanie
Suzanne (femme de Robert)
Marcelin (Bourgmestre)
Madeleine
(mère de Marcelin)
Alfred (ami de Fernand)
Robert (mari de
Suzanne)
Fernand (ami d'Alfred)
Théophile
Mise
en scène
Musique
Scénographie
Dramaturgie
Régie
- Jacques Michy, Calogero Lavalle, René
Cornu et Hubert Piette
Affiche
Photographie
Costume
- Le personnage de "Mélanie" est habillé
par Crisanta
Fernadez
Création
Production
- Studio-Théâtre
de La Louvière
Lieu
- Centre
Culturel et Sportif de Strépy-Bracquegnies
Livret

111
pages (deux pièces), octobre 2006.
ISBN :
2-87267-104-8
Éditions
du Cerisier, dans la collection Théâtre-Action.
Cliquez
sur l'image pour lire
le texte imprimé au verso du livret.
Des poumons verts pour se souvenir de
l'héritage minier
24.09.08 - 12:27
"Devenus des poumons verts, les terrils wallons constituent un
potentiel de développement touristique et environnemental", a
déclaré
le ministre wallon de l'Environnement, Benoît Lutgen
Le ministre a
lancé ce mercredi sa politique de revalorisation des terrils
wallons.
La Wallonie compte 340
terrils. Une étude a été
réalisée dans le
courant de l'année afin d'identifier les types
d'aménagement à réaliser
pour rendre les terrils plus attractifs. La réflexion
menée sur cette
valorisation des sites a tenu compte de plusieurs critères
comme
l'accesssibilité, la vitalité économique sur
place, le produit et les
circuits pouvant y être développés, la
capacité de politique
événementielle, etc. L'étude a permis de
sélectionner 11 terrils
répartis le long du sillon industriel wallon, à Dour
(Saint-Charles
n°2), Flénu (n°14-17 Titan),
Péronnes-lez-Binche (Sainte-Marguerite),
Marcinelle (Hauchies n°25, Cerisier et la Tombe), Chatelet
(Bourbier
n°2) , Lambusart (Sainte-Marie et Sainte-Barbe), Farciennes
(des
Aulniats et Saint-Jacques), Moignelée
(Sainte-Eugénie), Liège (Petite
Bacnure et Batterie Nouveau), Herstal (Bernalmont et Belle-Vue), et
Fléron (du Hasard). Les communes pourront développer
des projets sur ces
terrils en bénéficiant notamment de subventions de la
Région wallonne
(pour le développement touristique, pour l'achat, pour les
études) et
de conseils du Commissariat Général au Tourisme. Le
réaménagement des
terrils est déjà une chose concrète
notamment à Blegny-Mine, au PASS de
Frameries ou encore au Bois du Cazier, à Marcinelle. Un nouveau
projet a
été inauguré ce mercredi à
Saint-Nicolas. La Maison des Terrils, située
sur le parc paysager du Gosson, est présenté comme un
centre
d'interprétation des terrils en Région
wallonne. Réalisé sur une
superficie de 40 hectares, il offre des promenades avec des modules
scénographiques, une table d'orientation pour "lire" le
paysage, etc ;
le tout à proximité du Ravel. Ce projet
s'intègre dans le cadre du
projet interrégional "Pays des Terrils", d'un montant de 10
millions
d'euros, qui concerne 24 partenaires en Wallonie, en Flandre, aux
Pays-Bas et en Allemagne et qui a pour objectif "la transformation de
l'héritage minier du passé en pari pour le futur". La
Région a
participé à une partie du financement pour les
communes wallonnes
concernées par le projet.
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