La
Race des Saigneurs
d'Emmanuel
Loretelli
Juge aux
mains propres, journaliste opiniâtre, ouvrier en noir, femme de l'Est
livrée à la prostitution : ils sont broyés par des pratiques mafieuses,
grâce aux faiblesses de l'État-Nation. La démocratie survivra-t-elle ?
Extrait
Scène
finale. Le Juge, la journaliste, l'ouvrier et la femme, tous décédés, assistent
dans une scène irréelle à l'entrevue du
bourgmestre Peck avec le chef mafieux
local et son homme de main, Zotico et Tony.
PECK.
- Dites plutôt des pressions que vous faites peser sur moi. Ou de la
crainte que vous inspirez. Vous misez sur la violence et la terreur.
TONY,
s'approchant de Peck, menaçant. - Tu nous prends pour des
animaux ? Tu veux que je t'apprenne le respect ? Tu as de la chance que
Monsieur Zotico soit là...
PECK. - Si je tremble devant tes
manières de brute, espèce de grand singe, je me réjouis de constater
que tu frémis devant un autre. Ce système finira par s'effondrer.
ZOTICO.
- Tu ne connais rien à ce qui nous soude... Ne rêve pas, bourgmestre...
Pourquoi parles-tu de violence ? En fin de compte, nous tuons si peu...
Mais le fait que tu te taises te rend complice. Tu es pris au piège, tu
risques gros... C'est précisément là que réside notre force. Dans la
corruption passive. Dès que nous sentons en vous l'ambition, l'appât du
gain et l'ivresse des grandeurs, nous vous prenons au collet.
PECK.
- Vous voulez me faire chanter ?
ZOTICO. - Justement parce
que tu aimes pousser des vocalises, pauvre coq. Tu t'es perdu et tu
nous serviras. Plus les petits rouages grincent, plus le doute émerge
dans l'opinion et plus nous avons les mains libres. Votre caste a
commis trop d'erreurs, a dilapidé trop de deniers publics. Tapis dans
l'ombre, nous sommes efficaces. Nous vous tenons au creux de notre
paume. Quand nous n'aurons plus besoin de vous, les armées de nains
subiront notre loi.
TONY. - Que vous êtes grand, monsieur...
ZOTICO.
- Allez, Peck. Retourne à tes querelles de clocher, parmi tes petits
camarades de jeu. Laisse travailler les grands. Ou alors... Tu peux
encore nous rejoindre, définitivement. Respecte notre code et tu
connaîtras les heures dorées, la quiétude, l'aisance, les mers du sud...
Les
quatre « cadavres » se sont levés pour entourer Peck.
LE
JUGE. - Refuse le pacte... Ne cède pas à cette tentation. Il existe des
solutions.
MARIE. - Partout dans le monde, des hommes
luttent. Dénoncent. Ce sont ces hommes que tu dois entendre. Et nos
voix. Pas les appels de cette meute d'hyènes.
LA FEMME. -
Crois-nous. Tu n'appartiendras jamais à leur clan. Leur histoire n'est
pas la tienne. Tes racines sont différentes. Cette intégration te
coûterait cher...
L'OUVRIER. - J'ai tant rêvé d'être libre.
Toi, tu peux le rester. Ce trésor inestimable, ne le dilapide pas pour
un mirage. Derrière se dissimulent les larmes, la peur, la mort... La
souffrance de millions de pauvres gens. Précisément ceux qui ont besoin
de protection. Fais en sorte qu'ils ne tombent pas dans leurs griffes...
LE
JUGE. - Tu es héritier d'autres valeurs, d'autres combats. Souviens-toi
de nous. Nous pouvons te donner la force qu'il te manque pour dire
non... (...)
Personnages
Anne De Vleeschouwer
Françoise
Dubois
Michel Eggermont
Éric Firmani
Jean Leroy
Franck
Livin
Stéphane Mansy
Robert Stoupy
...............
...............
...............
...............
...............
...............
...............
...............
Marie
La femme
L'ouvrier
Le juge
Peck
L'homme en noir
L'homme de main, Tony
Zotico
Mise en scène
- Collective avec l'auteur, les
comédien(ne)s du Studio-Théâtre et Jean Louvet
Musique
Affiche
Décor
Régie
- René Cornu et Jacques Michy
Création
Production
- Studio-Théâtre
de La Louvière
Lieu
- Centre
Culturel et Sportif, Strépy-Bracquegnies
Livret

93
pages (deux pièces), 2005
ISBN
: 2-87267-095-5
Prix : 7.80 euros
Ouvrage paru aux Éditions du Cerisier dans la
collection
Théâtre-Action.
Cliquez
sur l'image pour lire
le texte imprimé au verso du livret.
Lien
vers la page des Éditions du Cerisier.